
Un coup dur vient d’être porté à la criminalité financière en Afrique de l’Ouest. Le Secrétariat du Conseil de sécurité nationale (NSCS), en étroite collaboration avec les agences de sécurité et de renseignement ghanéennes, a annoncé le démantèlement réussi de plusieurs réseaux organisés, tant domestiques que transnationaux. Ces groupes spécialisés dans l’impression, la détention et la distribution à grande échelle de fausses coupures ghanéennes et devises étrangères opéraient à travers la région du Grand Accra.
Entre le 12 juin et le 24 juillet 2026, pas moins de six opérations tactiques d’envergure, minutieusement guidées par des renseignements secrets, ont permis d’interpeller 16 suspects principaux (de nationalité ghanéenne et étrangère), de démanteler quatre imprimeries clandestines et de confisquer quatre machines d’impression professionnelle.
Des millions de dollars et de francs CFA saisis
Le bilan des saisies est impressionnant. Selon les déclarations officielles du NSCS, les forces de l’ordre ont mis la main sur des faux billets prêts à être injectés dans le circuit économique, totalisant :
- 543 000 USD
- 196 600 GHS (Cedi ghanéen)
- 60 000 F CFA
Plus spectaculaire encore, la saisie de coupons non traités et prêts pour le tirage représentait une valeur nominale affolante de plus de 5,2 millions de dollars, 19,5 millions de GHS et 623,5 millions de F CFA.
Six véhicules ainsi que deux motos servant au transport et à la distribution rapide ont également été confisqués par les agences de sécurité.
L’enquête révèle une stratégie de camouflage particulièrement machiavélique. Les criminels ont sciemment installé leurs machines d’impression au sein d’églises, de sièges d’organisations religieuses et de centres spirituels traditionnels afin d’étouffer le bruit, masquer les vibrations du matériel lourd et tromper la vigilance du voisinage.
- Le 12 juin à Amuzu (banlieue de Kasoa) : La première descente s’est faite dans un centre spirituel traditionnel. Un suspect, Nana Nyarko Derrick Dapaah, a été arrêté en possession d’une machine d’impression, de faux lingots d’or, de téléphones et de faux billets.
- Le 19 juin : Interception d’une cellule transnationale dédiée au transit massif de fausses devises, menant à l’arrestation de sept personnes (trois Ghanéens et quatre étrangers) et la saisie de 65 900 USD.
- Le 29 juin à Lashibi et Klagon : Les agents ont perquisitionné des locaux professionnels et le siège d’une installation religieuse. Bilan : cinq arrestations, deux véhicules saisis et d’immenses stocks de coupons. L’un des cerveaux présumés, le pasteur Emmanuel Boakye-Danquah, est toujours en fuite.
- Le 9 juin à Lakeside Estate : Arrestation d’un livreur en possession de cinq cartons de faux billets de 200 GHS (valeur nominale de 12,4 millions de GHS).
- Les 21 et juillet : Plusieurs autres interpellations ont eu lieu à Nii Boi Town, Achimota et Amasaman, permettant d’arrêter des coordinateurs régionaux et des techniciens imprimeurs.
D’après la Sécurité nationale, l’organisation s’appuyait sur une hiérarchie stricte réunissant des facilitateurs transfrontaliers, des techniciens spécialisés et une flotte de coursiers à moto assurant des livraisons éclair.
En saisissant ces machines capables de produire plusieurs millions d’unités par jour, les autorités ghanéennes estiment avoir évité un désastre financier national et régional : choc d’inflation artificielle, perturbation des taux de change et déstabilisation majeure du système bancaire.
Les 16 suspects arrêtés ont tous été placés en détention provisoire. Ils ont été remis au Bureau des enquêtes nationales (BNI) pour examen médico-légal, et leur dossier a été transmis au Bureau du Procureur général pour des poursuites devant la Haute Cour d’Accra. Une procédure est également engagée pour la confiscation définitive par l’État de tous les véhicules et matériels saisis.
Des équipes de renseignement restent déployées pour traquer les fugitifs, dont le pasteur Boakye-Danquah. Enfin, le NSCS appelle le public, les bailleurs d’immeubles, les institutions financières et les responsables religieux à la plus grande vigilance et à signaler immédiatement toute activité suspecte ou nocturne.
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